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Lectures chocolatées au Jardin d’Éole avec les élèves du 18ème

Pour la 3ème année consécutive, des élèves de plusieurs écoles du 18ème de la maternelle au CM2, invitent petits et grands au Salon du Livre de Jeunesse du Jardin d’Éole, temps fort de l’action Lecture 2+, née de la volonté de professionnels (enseignants, libraires, bibliothécaires, BCDistes …) réunis au sein de l’association de quartier Culture 2+.

L’action a pour intention d’inscrire des pratiques culturelles dans la Cité en mettant le livre, et plus spécifiquement la littérature jeunesse, au centre de différentes activités en faisant circuler le livre entre les différents mondes de l’enfant – la famille, l’école, le quartier – avec le concours de nombreux partenaires qui soutiennent cette action.

Découvrir, lire, mettre en réseaux des ouvrages  - organiser des échanges entre les classes participantes pour débattre, partager des points de vue, argumenter et devenir critiques pendant les rencontres des ‘chocolats littéraires’ – Rencontrer des auteurs mais aussi des libraires, des bibliothécaires, des acteurs de la fabrication du livre – Faire paraître un journal littéraire, réaliser une emission littéraire à la radio – Faire des vitrines de librairies – Mettre en scène et en lien les différentes expériences vécues tout au long de l’année pour mettre en partage les productions réalisées avec les visiteurs connus et inconnus durant le salon.

Depuis la mise en place de Lecture 2+, conçu pour participer à la réussite des élèves, et ce particulièrement en Zone d’éducation Prioritaire, les effets auprès de nombreux élèves semblent probants, et démontrent selon les organisateurs la capacité de tous à devenir non seulement des lecteurs experts mais aussi des ‘passeurs du lire’.

Samedi 12 juin 2010 de 10h30 à 17h30 au Jardin d’Éole • Rue d’Aubervilliers 75018 Paris M° Stalingrad ou Marx Dormoy •



Un homme est un homme, trois récits d’aventure vers le rêve blanc

Le Théâtre de poche de Bruxelles accueille jusqu’au 19 juin prochain la création théâtrale Un homme est un homme, mise en scène par René Georges et Salifou Kientega et construite autour du récit de trois migrants. En Afrique, les gens les appellent des aventuriers … Il y a Afazali, le plus jeune, un rasta tout droit sorti des ombres électriques de Ouagadougou ; Ansou, l’aîné d’une famille, quittant un village paumé et oublié du Sénégal et Charles, le plus expérimenté des trois, sorte de Bukowski à la sauce africaine qui passe sa vie à zoner dans les maquis et rêve d’une ultime traversée, après bien des échecs.

Le spectacle propose un angle de vue singulier sur cette réalité complexe avec l’espoir qu’une langue poétique et musicale puisse redonner des yeux pour mieux appréhender le futur. Des rencontres-débats les 10 et 19 juin sont organisés avec la Ligue des Droits de l’homme, afin d’amener le public à mieux comprendre la situation du migrant. Le spectacle part en tournée au Burkina pendant l’été. Aucune date n’est pour l’heure arrêtée en France.

Jusqu’au 19 juin 2010 au Théâtre de Poche de Bruxelles • Bois de la Cambre / 1a, chemin du gymnase 1000 Bruxelles • T 00 32 2 647 27 26 mél info@poche.be •  Contact presse Anouchka Vilain



Guide Solidarité 2010 de la Ville de Paris
2 juin 2010, 8:41
Filed under: Hébergement social/Urgence, Santé/Médico-social

Trouver un lieu pour ouvrir ses droits, accéder à un hébergement adapté à ses besoins, connaître les lieux où se nourrir, se soigner, se laver, entamer des démarches d’insertion … Le Guide Solidarité 2010, est destiné à apporter des informations pratiques et concrètes aux problèmes de vie quotidienne rencontrées par les personnes en difficulté.

Conçu et réalisé par la Ville de Paris, cette nouvelle édition à associé des personnes sans abri, des travailleurs sociaux et bénévoles associatifs, afin qu’il s’adapte au plus près des besoins de ses lecteurs. Disponible dans les mairies d’arrondissement, centres d’hébergement et de santé .. il est également téléchargeable au format pdf en cliquant ici.



Festival de Cinéma des Foyers #2, les weeks-ends de juin

Longs et courts métrages, des tristes, des drôles, des édifiants, des réjouissants, des projections en plein air, de la musique, des rencontres .. voilà en résumé le programme de la 2# édition du Festival de cinéma des Foyers organisé par l’association Attention Chantier chaque week-end du mois de juin.

Samedi 5 juin au Foyer ADEF Amandiers à partir de 22h Samedi 12 juin au Foyer AFTAM St Jacques de 14h30 à 1h du matinSamedi 19 juin 2010 au Foyer Lorraine de 14h à 1h du matinVendredi 25 juin au Foyer Fort de Vaux de 16h à 23h



L’alphabétisation, moteur d’insertion sociale sur les ondes de LFM 95.5

LFM est une nouvelle radio associative basée à Mantes la Jolie et diffusant ses programmes localement et via le Web. Ancrée dans la vie locale mantoise, LFM veut porter un regard neuf sur la banlieue à travers un prisme innovant: celui de la femme. Porte-voix des initiatives populaires, les programmes font la part belle aux femmes engagées dans le monde associatif, économique et social.

L’emission BAC (Brigade d’animation citoyenne) présentée par Lola Simonet, a consacré le 20 avril 2010 dernier son antenne à l’alphabétisation en recevant Christine Bellaunay et Imen El-Hilali, respectivement coordinatrice et formatrice linguistique du Pôle de promotion sociale (PPS d’Ile-de-France) de l’AFTAM. Pour écouter l’emission cliquez ici.

L’équipe développe également des ateliers de formation à l’outil radiophonique, à destination des publics scolaires, des mineurs incarcérés, et dans le cadre des dispositifs de réussite éducative dans les quartiers. Des stages et ateliers de réinsertion sont ainsi mis en place régulièrement, afin d’éveiller la curiosité des jeunes pour les médias.

LFM Radio 95.5 MhzRédaction 40, boulevard Georges Clémenceau 78200 Mantes la Jolie ✆ 01 30 94 62 41 ✉ redaction@lfm-radio.com



Le magazine Afriscope désormais disponible en ‘français facile’

Lancé en 2007, le magazine Afriscope fête ses 3 ans d’existence. Relais régional d’informations sur les diasporas africaine, maghrébine et caribéenne, Afriscope s’intéresse aux principaux acteurs de la vie culturelle et citoyenne francilienne, et souhaite donner envie à ses lecteurs de s’engager dans un mouvement, une asociation, une pratique artistique.

Publié par l’association Africultures, il est diffusé tous les deux mois gratuitement en Ile de France et en régions,  ainsi qu’auprès des résidents des foyers de travailleurs migrants et résidences sociales en région parisienne, afin notamment que ces derniers se sentent pleinement partie intégrante de la société française et qu’au fil des numéros le magazine puisse se faire l’écho de l’actualité de ces foyers.

Pour faciliter cette rencontre, Afriscope est désormais disponible en français facile, par le biais d’un encart de 4 pages dans lequel une sélection d’articles et reportages sont résumés et ré-écrits de manière à s’adapter à celles et ceux qui sont en cours d’apprentissage de la langue française. Réalisé en collaboration avec Jennifer Oiffer-Bomsel et Diane Marion, toutes deux formatrices FLE (Français langue étrangère) au Pôle de promotion sociale (PPS) de l’Aftam, dirigé par Richard Michel.



Dans le Mali démocrate, la jeunesse doute de l’avenir
31 mai 2010, 11:35
Filed under: Cultures d'Afrique, Histoire et mémoires, [I/E]mmigration

Un des rares pays parmi les anciennes colonies françaises à avoir réussi sa transition démocratique après l’indépendance, le Mali ne parvient pourtant pas à décoller sur le plan économique.

La France coloniale compte encore au moins un crocodile dans le marigot africain. Légué par un administrateur métropolitain, le reptile règne sur le bassin des jardins de la préfecture de Kidal, une bourgade touareg du Sahara. La localité est surtout connue pour son bagne. Des générations de rebelles laissèrent, sous l’empire comme après l’indépendance, leur peau dans ce fortin. Hammadoun Dicko, l’une des figures de l’histoire contemporaine de Mali, y mourut en 1964 pour s’être opposé à Modibo Keita, le père de la nation. membre de la SFIO, ce parlementaire de la IVe République siégea au Palais-Bourbon et fut sous-secrétaire d’État au Commerce et à l’Industrie dans le gouvernement Guy Mollet.

Ironie de l’histoire, son fils, Oumar, préside aujourd’hui aux destinées de la commission d’organisation du Cinquantenaire de l’indépendance. ‘Mon père a été fusillé par le régime communiste de l’époque. Ses assassins ont été, à leur tour, passés par les armes après le coup d’État militaire de 1968, précise le grand ordonnateur des festivités du 22 septembre, la date anniversaire de la proclamation dans le dortoir du collège technique de Bamako de l’indépendance du Soudan français. ‘Nous revenons de loin. Nous sommes passés par des périodes d’ombre et de lumière pour sortir de la chape de plomb du parti unique et vivre dans la liberté et la démocratie’, rappelle-t-il.

C’est que le Mali est un cas à part en Afrique francophone où le pouvoir s’exerce de préférence à vie, et devient, lorsque les circonstances s’y prêtent, héréditaire. Depuis une vingtaine d’années, les relèves politiques s’effectuent, cahin-caha, par les urnes. Élu en 1992, le président Alpha Oumar Konaré, un ethnologue de formation, a tenu parole : il a quitté le pouvoir au bout de deux mandats. Son successeur Amadou Toumani Touré dit ATT, un général, semble décidé à suivre son exemple. Il a renoncé à modifier la Constitution pour pouvoir briguer la présidence une troisième fois en 2012. Ce chef d’État atypique assure, en privé, qu’il quittera sans regret son palais dela colline de Koulouba pour cultiver l’art d’être grnad père dans sa bonne ville de Mopti, la’Venise malienne’. (Lire la suite…)



Paris Co-Développement Sud 2010
28 mai 2010, 9:56
Filed under: Appels à projets/Subventions, CODEV / Ressources

L’appel à projets Paris Co-développement Sud 2010 est lancé. Ouvert aux associations domiciliées à Paris dont les adhérents sont des migrants ou qui travaillent de manière étroite avec des Parisiens d’origine étrangère, cette initiative de la Mairie de Paris vise à promouvoir la diversité culturelle de la capitale et promouvoir les multiples formes d’engagement associatif en faveur du développement des pays défavorisés.

Les financements se situent entre 3000 et 15 000 €, pour une enveloppe totale estimée à 100 000 €. Les projets doivent comprendre un volet consacré au développement d’une localité ou région d’où sont originaires les migrants résidant en France, proposer des activités sur Paris avec pour objectif l’intégration des populations étrangères et être conçus dans le cadre de partenariats, tant avec des organismes d’appui reconnus au Nord qu’avec des acteurs nationaux au Sud.

Des séances d’information et de conseil aux porteurs de projets sont programmées, et une permanence d’accueil est également en place au 01 42 76 41 60. Pour télécharger le dossier de candidature veuillez cliquer ici.

Dépôt du dossier jusqu’au 30 juin 2010 / Label Paris Co-développement Sud – Délégation générale aux Relations internationales – 9, place de l’Hôtel de Ville 75196 Paris cedex 04 • mél : labelpariscodeveloppementsud@paris.fr



Free Africa, 50 ans d’indépendance rythmés par les musiques du continent
26 mai 2010, 4:51
Filed under: Cultures d'Afrique

À l’occasion du 50ème anniversaire de l’indépendance d’une grande partie des pays africains, le coffret ‘Free Africa’ rend hommage à la musique de ce continent à travers une anthologie rassemblant des artistes mythiques (Manu Dibango, Salif Keita, Miriam Makeba, Ali Farka Touré), connus (Amadou et Mariam, Mory Kanté, Angélique Kidjo, Wassis Diop, Tiken Jah Fakoli, Alpha Blondy, Étoile de Dakar, Les Ambassadeurs, Boubacar Traoré) et d’autres moins connus ou oubliés qui ont participé à la richesse de l’histoire de la musique africaine.

En 1960, au moment de l’indépendance de seize pays africains, dont une majorité de pays francophones, plusieurs états décident de créer des orchestres régionaux avec des instruments modernes, ainsi que des ensembles instrumentaux composés de musiciens traditionnels. Inspirés par la politique d’authenticité culturelle promue par le régime guinéen de Sékou Touré dès 1958, ces orchestres et artistes ont pour but d’affirmer la grandeur et l’importance de la musique au sein de ces États  indépendants. Du Sénégal au Congo Brazzaville, du Cameroun au Mali, ils deviennent rapidement les fers de lance de nouveaux régimes et de libertés retrouvées.

Depuis la période des indépendances; l’âge d’or de cette musique africaine constitue un voyage à travers la mémoire de tout un continent et de plusieurs aires culturelles. Par le biais d’orchestres régionaux et nationaux, de formations privées, de griots ou de cantatrices, la musique en Afrique devient une affaire sérieuse. profondeur vocale, exubérance instrumentale, guitares électriques, cuivres hypnotiques et chants passionnés racontent l’histoire de la grande musique africaine, au gré des cinquante années écoulées. (Lire la suite…)



Ruptures Postcoloniales, les nouveaux visages de la société française

Comment penser la France d’aujourd’hui sans verser dans la nostalgie à l’égard de sa mythique grandeur passée, et comment construire un nouveau ‘vivre ensemble’ ? De quelle manière sortir des pièges de l’identité nationale et des fantasmes sur les dangers de l’immigration ? Comment penser les relations  de la France dans le monde postcolonial, alors que le continent africain fête les cinquante ans d’indépendance des anciennes colonies françaises, que les territoires des outre-mers réclament de nouveaux rôles dans la République et que de nouveaux centres et périphéries émergent ?

Prolongeant le tableau dressé en 2005 dans La Fracture coloniale (également paru à La Découverte), les auteurs de ce livre apportent un éclairage original sur les courants encore mal connus en France des post-colonial et subaltern studies. Ils tentent de comprendre pourquoi ces courants engagent tant d’oppositions et de fantasmes et examinent la société française à l’épreuve des perspectives postcoloniales.

Avec les contributions de spécialistes de tous horizons, internationalement reconnus, cet ouvrage constitue à la fois, une somme et une ouverture. Il analyse les mille facettes des effets contemporains de la période coloniale et incite à repenser la mondialisation, ainsi que la place des diasporas. Il s’attache à une critique des dicriminations et des frontières politiques, interroge les enjeux culturels et les relations intercommunautaires, explique les conflits de mémoire, questionne les crises urbaines et explore les mouvements mobilisant les territoires des outre-mers.

Ruptures Postocoloniales, Les nouveaux visages de la société française , sous la direction de Nicolas Bancel, Florence Bernault, Pascal Blanchard, Ahmed Boubeker, Achille Mbembe, Françoise Vergès. Edition La Découverte, collection Cahiers libres, 2010.



LIVE #3, Guillaume Leingre poursuit son travail de résidence au Point éphémère

LIVE présente des actions ou des installations dont la nature et la forme sont déterminées par des images fixes. Il s’agit de photographies anonymes et trouvées, d’images célèbres ou de reproductions d’oeuvres. Ces images apparaissent à l’entrée de l’expositions, elles sont un mode d’emploi et indiquent au spectateur ce qu’il va voir – et à l’auteur de l’exposition ce qu’il doit faire.

LIVE est à la fois une exposition d’images et d’actions fonctionnant par paires indissociables et une méthode : prendre une photographie de son choix puis l’actionner, la performer, la rendre vivante. Un ‘retour à l’envoyeur’ qui invite le spectateur à vivre ce que l’image montre et à comparer ce qu’il regarde. Les liens qui existent ainsi entre les photographies et les actions sont des relations de temps, de distances, de gestes, de formes, de matériaux, d’auteurs, de coloris …

Guillaume Geindre poursuit ici une oeuvre dédiée à la photographie. LIVE fait suite à Une exposition de photographies présentée au Japon en 2008 à l’issue d’une résidence à la Villa Kujoyama. Il s’agissait d’une exposition de photographies traditionnelles (noir et blanc, argentiques …) où il n’y avait littéralement rien à voir. En résidence au Point Ephémère, il vit et travaille à Paris, et est représenté par la galerie Super Window Project.

Les mardis 1er et 15 juin & le 6 juillet 2010 au Point éphémère • Quai de Valmy 75010 Paris • M° Jaurès • ✆ 01 40 34 02 48



Concours d’idées ‘Habitat durable et solidaire’ lancé par l’ALJT

L’ALJT (Association pour le logement des jeunes travailleurs) associé à OSICA (ESH du groupe SNI) lance un concours d’idées afin de développer et d’adapter une offre de logement aux nouvelles façons d’habiter des jeunes aujourd’hui. Habiter dans le sens d’investir, occuper, s’approprier un espace. Cela touche tant l’organisation interne du logement, son agencement que sa conception et sa place dans la résidence ; à de nouveaux principes et procédés constructifs : modularité, évolutivité, choix de matériaux, délais, coûts d’opération visant un habitat ‘économiquement durable’ et une exploitation de résidence ‘durablement économique’.

Le projet lauréat du concours sera désigné en décembre 2010 lors du Salon de l’Habitat Francilien. ALJT et Osica pourraient être retenu pour la réalisation du projet lauréat sur le territoire de la Communauté d’agglomération du Pateau de Saclay. Pour ce faire, le présent concours d’idées est établit dans le respect des règles de désignation et de mise en concurrence.

Le concours est ouvert aux équipes de maîtrises d’oeuvre (Architectes, paysagistes, urbanistes et designers) et de BET (Bureaux d’études techniques) oeuvrant dans les domaines de la conception et de la réalisation de logements collectifs notamment. Les candidatures groupées et individuelles sont acceptées.

Pour + d’infos et recevoir le réglement complet du concours, envoyer vos noms, prénoms et coordonnées à concoursHDS@aljt.asso.fr



Le méroïtique, la langue africaine des pharaons noirs
15 mai 2010, 11:31
Filed under: Culture / Société, Cultures d'Afrique

Ils ont laissé de vastes nécropoles de pyramides pentues à la singulière silhouette, des temples majestueux qui n’envient rien à ceux de l’Egypte, ils ont bâti des villes et donné au ‘pays éternel’ une lignée de souverains, les ‘pharaons noirs’, qui ont régné sur tout ou partie de la vallée du Nil entre les VIIIe et VIIe siècles avant notre ère. Qui sont ces hommes, mis à l’honneur par le Musée du Louvre, qui leur consacre une exposition ? Ils nous sont encore largement inconnus. Et pour cause : la langue des habitants du ‘pays de Koush’ – ainsi que les Egyptiens nommaient le territoire de l’actuel Soudan – résiste âprement aux tentatives des linguistes pour en percer les secrets. Francis Griffith a bien décrypté son système d’écriture voilà un siècle. Mais ce qu’on lit, dans le millier de textes qui nous sont parvenus, reste incompréhensible.

Cette résistance commence toutefois à céder. Dans une monographie parue fin février, l’égyptologue et linguiste Claude Rilly, directeur de l’archéologie française au Soudan, rattache sans ambiguïté cet idiome, dit méroïtique, à une famille de langues qui s’enracinent au coeur du continent africain. Le méroïtique n’est donc pas comme certains l’ont cru, une langue isolée ou encore un idiome afro-asiatique – parent de l’arabe, de l’hébreu, du berbère ou du copte. C’est une langue proprement africaine, la première du genre à avoir été couchée par écrit. Une hypothèse inimaginable pour les premiers savants à s’être penchés, avant guerre, sur la question. Inimaginable parce que, présupposé raciste aidant, les architectes de Méroé ne pouvaient pas avoir parlé une langue ‘négroïde’, selon l’expression alors en vigueur …

‘Jusqu’à ce que je commence à travailler sur la question, la langue méroïtique était réputée avoir commencé à se fixer aux alentours de 1500 avant J.-C., explique M. Rilly. Je pense pour ma part que son émergence remonte beaucoup plus haut, sans doute vers 2500 avant notre ère.’ Le royaume de Méroé – qui a donné son nom au méroïtique – s’installe vers le IIIe siècle avant notre ère autour de la ville du même nom, non loin de la sixième cataracte du Nil, à deux cents kilomètres de la capitale soudanaise, Khartoum. Ce royaume chute vers 350 de notre ère. Ce n’est qu’avec l’émergence de cette entité politique nouvelle que la langue méroïtique est écrite, grâce à un système graphique adapté des hiéroglyphes égyptiens. Mais, dans le pays de Koush, des systèmes étatiques voient le jour bien avant l’avènement de Méroé : le royaume de Napata, fondé un millénaire auparavant, par exemple. Et, bien avant encore, le royaume de Kerma, dès 2500 avant notre ère.

(Lire la suite…)




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